Ce week end, nous avons effectué notre Ventoux Night Session à nous, histoire d’être vraiment à la page lorsque ce sera votre tour.

Dans la nuit du 29 au 30 mai, nous étions une douzaine à nous lancer à l’assaut du Ventoux. Conditions « réelles », avec départ à 03h00 du matin de la cave des vignerons du mont Ventoux, à Bédoin.

Nous avons pu garer nos voitures directement sur le parking de la cave, sur la droite, possibilité qui sera offerte aux 100 premiers d’entre vous. Les autres iront au parking prévu à cet effet (un champ délimité par des banderoles), à environ 250 m après la cave, sur la gauche.

 

Départ par 15.5 °C, température tout à fait correcte. D’ici 15 jours, les températures montant en flèche à cette époque, il devrait faire 18 à 20 °C.

Les motards sont là. Ils nous escortent, comme ce sera le cas pour chaque vague le 12/13 juin. Plaisir et petite jubilation de se retrouver sur un vélo, sur cette route, à cette heure incongrue. Aucun problème de visibilité. Chacun a son éclairage et cela suffit.

 

Ca y est, nous atteignons le vrai départ de l’ascension, celui où l’on démarre le chrono, c’est-à-dire le virage à gauche de la départementale 974 qui devient la route unique pour le sommet. On a fait 3 km de plat et petits faux plats. Nous n’avons croisé aucune voiture sur cette route ouverte, rappelons –le.

Nous passons les Baux, Sainte Colombe, les Bruns dans un petit rythme où règne une bonne humeur teintée d’une tension liée à ce qui nous (vous !) attend.

Je dis à tous que la nuit, le Ventoux est plus facile. Nous verrons par la suite que ce n’est pas toujours le cas ! …

Les petits groupes de « force » se créent et rapidement arrive le virage Saint Estève qui symbolise la véritable première rampe du Ventoux. On a fait 5.5 km depuis  le départ. David, le plus fort d’entre nous, s’envole avec son Cervelo chaussé de Mavic Ultimate. Les deux vont bien ensemble !

Je passe presque directement « tout à gauche », en 36×27, sur mon Kerautret et ses roues de 650. Ceux qui connaissent savent que pour une ascension réussie, lorsque l’on est un peu court, il faut arriver au chalet Reynard « sans avoir donné un coup de pédale » !

 

Facile à dire car il est important de comprendre ceci : le plus dur, dans le Ventoux, c’est d’arriver jusqu’au Chalet. C’est durant cette partie, dans la forêt, que les pourcentages sont les plus importants (12% maximum et 8/9 de moyenne) et surtout, il n’y a aucun moment de répit. On est toujours en prise. La température est toujours bonne. Je suis simplement habillé en cuissard court, maillot court sans rien en dessous et avec mon gilet fluorescent Ekoi à col montant. Au fil des kilomètres, on transpire beaucoup et les gouttes de sueur tombent sur mon cadre en un petit torrent régulier. Le vin d’hier, pour la finale du championnat de France de rugby, commence à se faire sentir. Pas la préparation idéale…

Notez que l’affichage des compteurs est invisible dans la nuit, sauf pour Jean-Yves qui a choisi de s’éclairer avec une « frontale ». Bien vu ! C’est à noter pour ceux qui veulent savoir où ils en sont. J’avale régulièrement des lampées de mes bidons remplis de boisson isotonique “spécial effort court”, moins de deux heures…

Arrive le pavillon Roland, presque invisible pour ceux qui ne connaissent pas. Cela fait un bout de temps que l’effort est maximal. Entre 8 et 10 km de moyenne pour moi. Mon braquet est le bon pour mes 88 kg et mes 2500 bornes. Mais je crache mes paquets de cigarettes à chaque kilomètre. Et oui, je fume …

On est à 2 km du Chalet. C’est, de l’avis de beaucoup, le moment le plus dur. Ça commence à tirer dans les jambes. Ne vous inquiétez pas, ensuite, les choses deviennent plus faciles. Sauf qu’à cet endroit, on commence à sentir quelques bourrasques de vent. Elles entrent dans la forêt et semblent canalisées, comme dans un tunnel invisible. Je commence à m’inquiéter pour la suite. Du vent à cet endroit-là, cela n’indique rien de bon pour le sommet.

Arrive le replat du Chalet Reynard. Il reste donc 6 kilomètres, à découvert. Nous sommes deux. Devant, Jean-Yves est lui aussi parti et derrière, c’est le trou noir. L’avancée de l’heure et la disparition des arbres apporte un regain de luminosité. On pourrait presque se passer d’éclairage. Mais comme je le redoutais, il y a du vent. Du vent froid. On découvre alors la première rampe après le chalet. Menaçante, tendue comme une flèche, elle a la particularité d’être toujours plus facile qu’on ne le croit. En fait, on y a toujours le vent dans le dos et il n’est pas rare, contre toute attente, de descendre une vitesse et de l’avaler assez facilement. Les multiples lumières d’en bas apparaissent et la vision panoramique sur près de 50 km qui s’offre à nous m’impressionne, comme à chaque fois.

De son côté, la température a déjà bien baissé. Il ne fait plus que 11 °C. Pour avoir la température du sommet, il est courant d’enlever encore 5 à 7 °C. Sans compter le vent…

Comble de malchance, ce vent, qui pour une fois, ne semble pas être le Mistral, fait remonter un nuage sur le sommet. Ici, ils disent que le Ventoux met son « chapeau ». C’est exactement cela. Les trois lacets qui suivent sont plutôt faciles mais le froid s’accentue.

 

Pourtant, je ne suis vraiment pas frileux. Plutôt le contraire. Je me dis qu’il faut vraiment que l’on vous prévienne : une tenue courte, « été », même avec le gilet sans manches de nuit, ça peut vraiment faire « court ». Et encore, j’ai mis mes coudières, qui aident à maintenir la température corporelle. Bref, un tee-shirt « spécial » sous le maillot sera surement le bienvenu. Mais n’en doutez pas, dans la forêt, vous allez le maudire…Un coupe-vent dans la poche me semble aussi obligatoire. Pour les plus frileux, on peut aussi envisager un « sous pull » technique manches longues, anti-transpiration, sous le maillot. A mon avis, c’est la meilleure solution. La plus sûre, en tout cas. N’oubliez pas non plus une paire de gants « hiver », dans la descente, ils sont quasiment obligatoires.

Les rampes suivantes tournent à l’aventure. Je suis presque entièrement dans le nuage et une méchante bruine me tombe dessus. Il pleut presque ! Ca souffle par bourrasques. Une fois dans le dos, une fois de face. Mais ca monte toujours pas mal. Vent dans le dos, je me prends même à accélérer un peu. Jean-Yves a pris un coup de bambou et je pense pouvoir le rattraper. Peine perdue. Dans le Ventoux, pour rattraper quelqu’un, il faut vraiment être plus fort que lui car il est difficile d’accélérer réellement. En plus, ce coup-là, on est vraiment dans le nuage, c’est très humide, il fait de plus en plus froid.

On ne voit plus rien à 10 mètres ! Le halo des phares de la voiture d’accompagnement, conduite par Catherine, la femme du président du Cyclo Club Amistadous Provence de Saint Didier, crée une ambiance lunaire. Elle me dépasse et va apporter nos affaires en haut.

Subitement, je découvre à 5 mètres de moi la stèle Tom Simpson. Elle m’indique que je suis à 2 km du sommet.

Enfin, j’atteins le virage le plus compliqué de l’ascension, le col des Tempêtes, le bien nommé. C’est à cet endroit que le vent franchit le Ventoux par l’autre versant et vous arrive en pleine face. Heureusement, cela ne dure que quelques mètres et la dernière grosse rampe vous signifie la fin de l’aventure. C’est, entre les longues minutes (les heures ?) de selle et le pourcentage de 12%, le second passage le plus difficile. Mais l’odeur du sommet est si proche qu’il est dès lors impossible de ne pas forcer un peu pour atteindre votre Nirvana, l’observatoire et la mini place du sommet.

Il fait 5.8 °C! Le vent est fort. Malheureusement, ce matin, nous ne verrons pas le lever du soleil sur les Alpes …

 

Nous attendrons le dernier d’entre nous, qui arrivera une heure plus tard. Mais avec ses 450 km d’entrainement ( !) et ses 100 kg, je me demande encore comment il a réussi à monter. Son secret ? De la hargne, la pratique du rugby durant quelques années et …un triple plateau !

Après une heure d’attente, malgré ma veste, j’ai fini par avoir froid. Le 12 juin, si tout va bien, nous resterons au maximum 25 minutes au sommet. Les vestes Santini (sans manches) que nous vous distribuerons vous permettront de rester au chaud. Nous admirerons (j’espère !) le lever du soleil tous ensemble et redescendrons en peloton, impérativement derrière les motards qui ne dépasseront pas les 50 km/h, sécurité oblige.

 

Jusqu’au Chalet Reynard, il faudra faire attention au vent. Ne pas rouler trop près les uns des autres car une bourrasque suffit pour « coucher » 10 cyclistes !

Ensuite, nous arriverons au Chalet. La température redeviendra bien plus agréable si les conditions sont identiques aux nôtres mais statistiquement, cela devrait bien mieux se passer le 12 Juin.

 

Enfin, et j’attire votre attention à tous. Dans la forêt, la descente est dangereuse. Entre « bouts droits » à 10% sur quelques centaines de mètres et enchainements de virages serrés, les chutes sont souvent graves. Alors on ne s’emballe pas. Cette semaine, je suis monté une première fois au Ventoux. Temps magnifique, une  ascension géniale.

 

Dans la descente, j’ai sérieusement « testé » mon Kerautret, à la réputation de « bombe ». Je confirme. Sauf qu’à l’entrée des « sept virages », après la longue ligne droite dévalée à 75 km/h, je n’ai jamais pu tourner ! Dérapage dans le premier virage, l’arrière du vélo qui décroche, ma roue arrière qui entre dans mon angle de vue gauche ! Je lâche les freins et comprends que c’est foutu, alors j’y vais ! Je freine au maxi pour « casser » au mieux ma vitesse et c’est la culbute, tout droit, tête en avant. Au passage, j’ai traversé la route. Une voiture en face et j’étais mort…

Ma tête tape le sol dans l’herbe et les cailloux acérés. Mon « Kerau » vole par-dessus moi et s’écrase à peine deux mètres plus loin. Coup de bol, je n’ai quasi rien. Eraflures, choc, ecchymoses mais c’est tout. Je me jette sur mon vélo pour voir l’étendue des dégâts, la panique au ventre. Comme moi, miraculeusement, il n’a rien. Pas une trace ! Je ne comprend pas.

Finalement, je découvrirais que mon dérailleur carbone Lightweight a rendu l’âme. Merde ! Et puis très vite, je remets les choses en place : je n’ai rien, c’est un miracle et c’est évidemment le plus important.

En rentrant, je découvrirais que mon casque est cassé en deux avec un impact important sur la coque….

Bref, dans cette descente, prise de risques interdite !! Je m’occuperais personnellement de celui qui dépassera la moto dans la descente. Et je suis bien meilleur au rugby qu’en vélo…

Avis aux amateurs…

 

Alors on vous attend tous samedi 12 juin à partir de 14h00 pour récupérer vos numéros, autocollants numérotés à mettre sur le casque, pas de dossard.

Il sera possible de tester les Lightweight grâce à la société Van Court qui aura un stand Lightweight ou encore des vélos Canyon, notre sponsor principal !

Et n’oubliez pas la « conférence » d’Erik Zabel, notre parrain, à 19h30. Il répondra à vos questions pendants 30 minutes. Au fait, il a demandé à ce que l’on lui monte un pédalier Compact en 34×50…

Alors, rendez-vous le 12 juin à partir de 14h00…

Vivement samedi…